dimanche 24 novembre 2013

Tunisie- Situation bloquée.
La situation en Tunisie est  bloquée. Le Dialogue national instauré entre les Frères musulmans d’Ennahda et les partis démocratiques a avorté. L’UGTT, sur laquelle comptaient beaucoup de Tunisiens, n’a rien fait de convaincant,  jusqu’ici. Certains se rassurent, parce qu’un calme apparent règne en Tunisie. Pas de violence dans les rues, pas de nouveaux assassinats politiques…Tout va bien…
Mais, non, tout va mal ! Ennahda, avec Ghannouchi à sa tête, agit dans l’ombre avec subtilité. Il continue à pousser ses pions. Des magistrats favorables à son idéologie islamiste totalitaire, viennent encore d’être nommés. Ennahda continue à placer ses proches dans les postes de direction dépendant de l’état tunisien. Le contrôle des médias s’accentue et de nombreux journalistes sont entravés dans leur volonté de pratiquer une information libre. D’ailleurs, hors de Tunisie,  l’information dénonçant les pratiques des islamistes est perçue comme moins forte, comme si déjà la peur s’était instillée chez ceux qui ont la charge d’informer. La prison menace les artistes comme les blogueurs contestataires, dont certains sont toujours derrière les barreaux.
En fait, Ennahda a intelligemment laissé l’opposition se rassembler au Bardo et manifester à Tunis, sans l’entraver, pendant qu’elle continuait à tisser sa toile d’araignée pour imposer l’ordre islamiste. Une police aux ordres, une armée aux ordres, une justice aux ordres, des médias sous contrôle…Il reste la Constitution…Il suffit désormais à Ennahda de faire passer un article qui soit favorable à l’instauration d’un état islamiste, pour qu’il soit interprété en faveur de la mise en place d’une dictature islamiste basée sur une shaaria restrictive des libertés fondamentales. Un délai a été fixé : il faut que tout soit bouclé dans un mois et demi !
Pendant ce temps, le président tunisien Marzouki, qui passe à l’étranger pour un défenseur des  libertés, mais qui, en  réalité, est totalement aux ordres d’Ennahda,  donne une interview dans Le Monde. Il dédouane Ennahda, dénonce les violences des « salafistes », les terroristes d’Ansar Al Charia, proches d’Al Qaida, alors qu’Ennahda est en contact avec ces groupes terroristes et négocie avec eux. Duplicité abusant  les médias français, qui ne comprennent pas le double jeu autorisé par la pensée islamique, pour laquelle seule compte la volonté d’Allah et pour laquelle mentir aux incroyants fait partie du jeu.
L’heure est à l’urgence, mais, autant les démocrates tunisiens que les observateurs extérieurs paraissent s’accommoder de la situation actuelle, semblant accepter les règles fixées par Ennahda. Alors qu’il est vital de réagir très fortement et tout de suite, avant qu’il ne soit trop tard. Une querelle de chefs bloque-t-elle  l’opposition démocratique tunisienne ? La profusion de petits partis et de leaders ne facilite certainement pas les choses. Un sursaut des démocrates tunisiens, appuyés par un peuple qui n’en finit plus de souffrir, est-il encore possible ?

Michel le Tallec

vendredi 25 octobre 2013

Face au double jeu d’Ennahda…Quoi, maintenant ?
Une fois de plus, l’article du Monde de ce vendredi matin, sur les graves événements actuels en Tunisie , apporte un éclairage faussé. Tout est pris dans le sens d’une lecture dictée par les islamistes d’Ennahda.
Pourquoi afficher cette naïveté et écrire que la démission du Premier ministre Ali Larayedh n’a pas pu avoir lieu à cause de l’assassinat par des terroristes de membres de la Garde nationale tunisienne? Le terrorisme est devenu endémique en Tunisie et est entretenu par Ennahda, dont les liens avec les jihadistes d’AQMI ou autres mouvances islamistes sont connus. La mort de gardes nationaux ne doit donc pas être un prétexte à l’arrêt du processus en cours dans le cadre du Dialogue national décidé entre islamistes et opposition. Le Premier ministre, Ali Larayedh aurait du démissionner hier, et il ne l’a pas fait, terrorisme ou pas. C’est bien la preuve que les islamistes d’Ennahda n’ont absolument pas l’intention de quitter le pouvoir. Ils prennent prétexte d’un terrorisme qu’ils actionnent en sous-main pour différer la promesse de remplacement du gouvernement en place, dominé par Enahda,  par un pouvoir neutre.
Ennahda décrète un deuil de trois jours pour développer encore plus la peur dans la population tunisienne. Mais, à entendre les réactions à travers la Tunisie et à voir les manifestations en cours, ce double jeu ne passe plus.
Que va-t-il se passer à présent ?. Sachant que rien ne va bouger, du fait de la volonté d’Ennahda de ne pas céder une parcelle de pouvoir, malgré son discours.  La population tunisienne va-t-elle se résigner et laisser les islamistes accaparer encore plus les instruments du pouvoir d’Etat ? Ou allons-nous vers une révolte du peuple tunisien, marquée par des manifestations, des grèves ou autres mouvements contestataires ? La jeunesse des lycées et des facultés va-t-elle continuer à descendre dans la rue comme elle a commencé à le faire ?
Les Frères musulmans tunisiens, du parti Ennahda, sont identiques aux Frères musulmans égyptiens qui n’ont quitté le pouvoir que par la force des armes. Seule la violence qui leur sera opposée pourra les faire partir. De plus en plus de Tunisiens paraissent  en prendre conscience, d’après les réactions sur les réseaux sociaux, comme Facebook, en particulier. Mais, la crainte est bien là qu’Ennahda ne commandite des attentats terroristes pour semer la terreur et désorganiser l’opposition. L’ex ministre de la justice, membre d’Ennahda, a ainsi déclaré aux syndicats des forces de police qu’Ennahda disposait de 100.000 kamikazes…La menace est claire !
Il est donc d’autant plus étonnant qu’un média comme Le Monde, à l’image des responsables politiques français actuels accrédite encore les Frères musulmans d’Ennahda d’une vision politique équilibrée et démocratique. Les islamistes ignorent la démocratie. Ils ne connaissent que la loi de leur Dieu, dans la violence s’il le faut, pour faire appliquer la dictature islamique basée sur la shaaria restrictive des libertés et obscurantiste qui est leur objectif.

 Michel Le Tallec